• 12
    jan
    2017
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    La vie en colonie
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Partir pour mieux revenir… chronique aller et retour d’une colo

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6 heures du matin, Gare de Lyon, c’est l’heure du départ pour une semaine de ski à Saint-Nicolas de Véroce sur le domaine Saint-Gervais Mont-Blanc : les teints sont blafards, les enfants comme les parents ont grise mine, emmitouflés dans leurs doudounes et engourdis par une trop courte nuit. Les visages se dérident à l’approche du directeur, de son adjoint et des animateurs – repères familiers que certains connaissent déjà depuis plusieurs années. Pour d’autres, c’est la première fois : l’accueil souriant rassure, le contact se crée timidement mais sûrement. Grosses valises, recommandations sanitaires, fiches trousseau, questions de dernière minute : 80 familles se pressent au point de rendez-vous et malgré le soudain afflux des retardataires, tout se passe calmement, c’est fluide et serein, sans bazar, sans cohue. On sent que les équipes sont bien rôdées.

 

Certains parents poussent gentiment leurs enfants à se présenter eux-mêmes au directeur « allez, vas-y, n’aie pas peur » ; d’autres sont tellement habitués aux colos qu’après avoir pointé et sobrement dit au revoir à leur ado adoré, ils rentrent vite se coucher. Pendant ce temps, on peut voir et entendre les belles accolades des jeunes, fidèles de VIVA, qui se retrouvent de séjour en séjour. Ça court, ça se tombe dans les bras, ça hurle de joie : on se croirait au cinéma !

 

L’heure est venue de se rendre sur le quai du départ, voilà une belle chenille qui traverse la gare de long en large, sous le regard amusé des autres voyageurs : petits et grands avancent au rythme et au son de leurs valises à roulettes. Une fois les enfants installés dans le TGV, les animateurs chargent les bagages, le directeur adresse quelques mots aux derniers parents qui bravent le froid. Quand retentit la sonnerie et que les portes se ferment, quelques coucous et regards émus traversent la vitre, la plupart des enfants jouent et papotent déjà, la parenthèse de la colo vient de s’ouvrir.

 

Une semaine plus tard…

 

… sur le centre de Saint-Nicolas, ces mêmes enfants ont déjà tous l’air plus grands. Quand on dit que la colo « aide à grandir », c’est difficile de croire que l’effet puisse être instantané. Et pourtant, si. Sur ce joli site, qui compte 5 chalets et une vue imprenable sur l’aiguille du Midi et les Dômes de Miage, chacun a ses marques et semble aussi à l’aise…qu’à la maison. Sans les parents, entourés de leurs copains et encadrés par les animateurs, à déambuler selon l’heure en combinaison de ski ou en pyjama avec leurs brosses à dents, ils ont l’air un peu plus confiants, un peu plus matures. Il faut dire que les visages sont plus colorés et souriants qu’au départ, une semaine plus tôt sous les néons de la gare.

 

C’est le dernier jour de la colo, et la préparation des valises est apparemment pour certains un exercice plus périlleux que le passage de la 3ème étoile de ski. La technique du « mettre en boule » remporte plus de popularité que le pliage traditionnel. Mais l’animateur veille, explique, et les enfants finalement s’appliquent. Heureuse coïncidence  musicale : l’un d’eux rabat consciencieusement les manches de son pull en récitant les paroles bien choisies d’une chanson de Nekfeu « J’y mets toute mon âme, j’y mets toute mon âme, mon âme, mon âme »… Et ça se voit !

 

Après un dernier pique-nique, une dernière journée sur les pistes et un dernier dîner en compagnie d’un magicien, on se presse dans la Grande Salle pour la cérémonie. Chacun attend nerveusement son tour, l’examen sera-t-il couronné de succès ? L’excitation rivalise avec l’anxiété, certains s’effondrent en larmes de joie lorsqu’on leur décerne l’étoile ou le niveau en snow tant attendus, d’autres laissent échapper un soupir de déception... Ça ne marche pas à chaque fois, chacun son rythme et sa chance. Plus tard, on se souviendra surtout du plaisir sur les pistes, de toutes ces émotions fortes qui ne se mesurent pas en étoiles. La soirée ponctuée de sketchs – imitations tendres et moqueuses des animateurs par les enfants – se termine avec la vidéo du séjour. Trois minutes pour résumer une semaine de glisse, de petites chutes, de grimaces et de fous rires, pour capter tout ce que les mots ne racontent pas. La musique résonne jusqu’à l’extérieur des chalets dans la nuit, difficile de ne pas se laisser envahir par la nostalgie. (Découvrez la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=PPZU-Y31r_0)

 

Au retour, le train ressemble au Poudlard Express, ici ça joue aux cartes, là aux apprentis hypnotiseurs, les enfants s’empressent d’acheter quelques friandises au wagon-bar. Ils portent fièrement leurs récompenses de la veille : une étoile accrochée au pull ou un snow autour du cou. Tous profitent des dernières heures ensemble, car c’est la fin des vacances, l’au revoir aux copains et copines, le retour aux devoirs, ça mérite bien de longues étreintes où les rires se mêlent aux larmes. Heureusement, il y aura encore quelques minutes sur le quai pour se redire combien on va se manquer, pendant que les parents récupèrent les valises que leur tendent les animateurs qui vivent eux aussi la fin d’une aventure. VIVAment les prochaines vacances !

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