Les jours heureux de Joël Bouraima : animateur de colos VIVA, il est aujourd’hui le coach des stars

Joel Bouraima Coach

Animateur puis directeur sur nos séjours VIVA, Joël Bouraima est devenu Coach Joe, le coach sportif d’Omar Sy, Gad Elmaleh, Kanye West et Kim Kardashian. Alors que le film Chocolat - pour lequel il a réalisé la préparation physique d’Omar Sy - est sorti en salles le 3 février, nous l’avons interviewé en direct de Los Angeles où il réside depuis août 2015. Il nous raconte son histoire, des colonies de vacances pour ados au coaching de stars !

Avertissement : certains propos pourraient vous remplir d’énergie positive. Si vous ressentez le besoin irrésistible de faire quelques pompes après avoir lu cet article, c’est… le but.

Tout ce qui m’arrive, c’est que du bonus !

Finis les aller et retours incessants entre Paris et Los Angeles : en devenant le coach attitré du rappeur-entrepreneur Kanye West et de sa femme tout aussi célèbre, Kim Kardashian, Joël Bouraima a fait le choix de s’installer avec sa famille en Californie. Pour lui, tout cela est encore irréel : « À l’origine, je prévoyais d’être prof de sport et ça suffisait amplement à mon bonheur. Donc tout ce qui passe là, maintenant : les acteurs, le business, Los Angeles, c’est du bonus ! Et si je devais revenir à Paris pour coacher mes premiers clients, je serais aussi heureux parce que je ferais encore ce que j’aime. »

3 passions : le sport, l’encadrement des ados et le voyage

On connaît Joe depuis 2001, sa première colo chez VIVA, en tant qu’animateur snowboard sur le séjour de Charmey en Suisse pour les 6-13 ans, une station de ski à taille humaine, où les enfants étaient hébergés dans des chalets authentiques et chaleureux. C’est avec un grand sourire et de nombreux détails qu’il nous raconte son souvenir des colonies de vacances : « À cette époque j’avais 21 ans et j’entrais à la fac, en licence de STAPS. J’avais déjà une expérience en tant qu’animateur pour une structure de quartier dans ma ville des Yvelines mais on ouvrait le matin et on fermait le soir. Là, c’était la première fois que je devais gérer la vie quotidienne : il fallait se lever avant les petits, être prêt avant eux pour pouvoir les orienter et organiser la journée. C’est ce qui a été le plus dur pour moi, mais on m’a cadré très vite. J’étais l’animateur référent d’un groupe de 6 petits, assez foufous, qui se levaient parfois très tôt et déjà très en forme ! Ma mission, c’était de m’occuper de ce groupe-là dans la vie quotidienne et de les faire évoluer en snowboard sur les pistes. »

Il revient animer chez VIVA jusqu’à la fin de sa licence STAPS en 2004, au moins 2 semaines chaque hiver et 3 à 4 semaines en été, mais s’occupe désormais des 14-17 ans. Ce qui lui plaisait le plus ? « C’était vraiment le contact avec les ados. Ils se cherchent et ils te testent : ton rôle, c’est justement de leur apporter quelque chose pour qu’ils repartent de ce séjour un peu mieux dans leurs baskets qu’à leur arrivée. C’est gratifiant. »

Pour les adolescents qui hésitent à partir en colonie, il leur conseille vivement de surmonter toute appréhension et de tenter cette expérience de vacances singulière. Qu’est-ce que les colos ont de si spécial ? « C’est vraiment le fait de vivre sans les parents : ça les réveille, ça les révèle à eux-mêmes. Ils sortent de leur coquille, apprennent à s’affirmer et à se connaître. Moi, mon but c’était juste d’essayer de les guider et de les cadrer au sortir de cette coquille. En faisant preuve de psychologie pour avancer ‘avec eux’ et pas ‘contre eux’ pendant le temps du séjour. »

Et si on lui parle de la rémunération des animateurs… « Bien sûr, c’est pas le job qui paie le mieux mais je cherchais plus de l’expérience que de l’argent ! En tant qu’animateur, comme en tant qu’enfant, on peut vivre des choses qu’on ne vit pas ailleurs. Je me souviens des étés au Château de Saint-Fargeau : on est dans un autre monde. On déploie un énorme travail d’animation, notamment pour les veillées : tous les soirs, dans la salle d’armes du Château, on fait des grands jeux, des jeux de rôles, les animateurs se déguisent, c’est presque un spectacle, avec beaucoup de mise en scène et des enfants ébahis ! J’adorais ça. »

 

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Passionné de sport, il l’est aussi par le voyage. Il anime deux années de suite un séjour VIVA aux Canaries, pour les 14-17 ans, qui mêle trois façons de voyager : trekking, voilier et hôtel. Pour obtenir son diplôme de STAPS, il doit monter un projet dans le cadre universitaire : «  Olivier Ducelier, le président de VIVA, m’a confié la création d’un séjour à l’étranger. J’avais carte blanche et j’ai monté un séjour ado de trois semaines en Croatie. Avec Olivier, on a fait 10 jours de repérage, on a visité les hébergements, rencontré les skippers, identifié les parcours du trek, etc. J’ai été directeur sur ce séjour durant l’été 2004. »

Devenir coach… d’Omar Sy

Après ses études, Joe part en Australie pour perfectionner son anglais. C’est là que naît son envie de devenir coach sportif : « Là-bas, j’ai découvert dans les salles de sport la culture anglosaxonne du coaching. En France, le coaching existait mais plutôt au niveau des plateaux de muscu avec une personne qui prodigue des conseils à plusieurs clients mais le coaching one-on-one (NDLR : coaching individualisé) ne s’était pas vraiment développé. Quand je suis rentré, j’ai décidé de me lancer. J’ai commencé en 2007, tout doucement, d’abord en coachant des amis. Au fur et à mesure, mon nom a circulé, et notamment parce que ce que je proposais était assez rare à l’époque. En 2009, j’ai rencontré un ancien camarade qui était en relation avec Omar Sy. »

intouchablesOmar Sy ? « Oui, il cherchait à préparer son rôle pour le film Intouchables. On a commencé à travailler ensemble, au départ pour renforcer son dos car il y avait de nombreuses scènes de portage où François Cluzet faisait le poids mort. Il était super motivé, il voulait être en grande forme physique pour pouvoir se focaliser sur son jeu d’acteur. Il a travaillé très rapidement, donc on avait finalement un peu plus de temps que prévu : durant les 6 semaines restantes, on a travaillé sur le poids. Il a perdu entre 6 et 8 kg dans ce laps de temps. »

Ça aurait pu n’être qu’une parenthèse heureuse et improbable, mais cette rencontre est un tournant dans sa vie. « Depuis 2009, Omar et moi, on ne s’est plus quittés. Pour le film Chocolat, on a réalisé un énorme travail de préparation physique à l’américaine, pendant trois mois intensifs. C’était indispensable pour son rôle. Pendant le coaching, il était déjà dans la peau du clown Chocolat. Il travaillait en parallèle ses numéros circassiens avec James Thierrée. Avec nos séances, il peaufinait aussi son jeu d’acteur, les deux démarches étaient intimement liées. Je suis vraiment content du résultat et de ce qu’Omar a accompli. » Joël Bouraima nous confie sa fierté d’apparaître pour la première fois au générique d’un film !

En route pour les États-Unis

Après Intouchables, son nom commence à tourner dans le milieu du cinéma français, il coache aussi Gad Elmaleh et se fait connaître auprès d’une clientèle internationale. Le rappeur américain Kanye West sollicite ses services :  « Quand j’ai rencontré Kanye, on a commencé à travailler ensemble et je l’ai accompagné sur 3 dates de sa tournée : Abu Dhabi, les Seychelles et Johannesburg en 10 jours. C’était fou : je l’avais vu quelques mois plus tôt en concert à Bercy et maintenant je l’avais là devant moi, en train de faire des pompes. J’aurai presque pu payer pour vivre ça. »

Kanye West lui présente finalement sa femme : Kim Kardashian. « Elle voulait entretenir sa forme, perdre du poids, je l’ai entraînée pendant 3 mois à Los Angeles puis j’ai commencé à travailler avec toute la famille Kardashian, la mère, les sœurs… De nouveau, Kanye West m’a sollicité pour un coaching sportif en préparation de ses shows. »

Les secrets de son coaching

Les interviews se multiplient désormais, on s’intéresse à lui et on l’interroge sur ce succès fulgurant. « Quand les journalistes me contactent, certains me demandent : comment c’est arrivé, pourquoi toi ? ».

Avec une carrière bâtie sur le bouche-à-oreille, on est curieux de savoir ce qui fait son secret et son succès, les ingrédients clés d’un coaching réussi. Pour lui, tout réside dans la relation à l’autre, une relation de confiance durable. « Il m’arrive d’avoir affaire à de ‘grands enfants’. L’approche que j’ai avec mes clients s’apparente parfois à celle que j’avais avec certains ados en colonie de vacances. Je dois me montrer patient, prendre sur moi, savoir me faire respecter. Plus la relation est construite, plus la personne va vouloir se dépasser. Dans un premier temps, la personne va surtout vouloir me faire plaisir : ‘Joe, il est là, il me coache, je vais donc essayer d’aller le plus loin possible, pour lui’. Ma mission, c’est de transformer cette motivation extrinsèque, où la personne travaille pour moi, en motivation intrinsèque où la personne arrive ensuite à faire les choses pour elle-même. Ça voudra dire qu’en mon absence, le travail continuera, la personne se motivera par elle-même et se donnera toute seule les moyens d’atteindre ses objectifs. »

omar sy et Joel Bouraima Chocolat

« Avec les ados, c’était pareil. Pendant la colo, je pouvais susciter leur motivation mais il fallait que j’arrive à leur faire comprendre qu’après les vacances, dans leur vie de tous les jours, même si je n’étais plus là, ils pourraient continuer dans le bon sens et cultiver les capacités relationnelles et de communication acquises pendant le séjour. L’un des enfants que j’ai eu en colo à 7 ans en 2001 par exemple : on s’est ensuite suivi de séjour en séjour jusqu’à ses 15 ans. Il demandait à sa mère : ‘je veux aller dans les colos où il y a Joe’, sa mère appelait le bureau VIVA pour savoir sur quel séjour j’animerai. Je suis encore en contact avec lui aujourd’hui, il doit venir me voir à Los Angeles au printemps. Typiquement, pas un ado facile, mais finalement un garçon génial à condition de savoir comment dialoguer avec lui. »

Coach Joe

Mais le coach n’est pas un magicien : « Je suis obligé de dire à certains clients par exemple qu’on ne peut pas faire de miracle avec seulement 2 ou 3 séances par semaine ! Ça demande du travail. Pour le coaching de Kim Kardashian par exemple, c’était 24 heures sur 24, pendant 3 mois, j’étais présent exclusivement pour elle, et elle disposait d’un cuisinier à domicile. On peut pas se fixer les mêmes objectifs sans donner la même intensité. Pour les acteurs, c’est la même chose. À Hollywood, leur préparation physique fait partie de leur préparation du rôle. Il s’y dédient pleinement. Omar l’a bien vu quand il a tourné X-Men : Days of future past. Hugh Jackman, qui joue Wolverine, avait un camion équipé à côté des studios. Après chaque scène, il faisait une séance de sport. Quand il ne tourne pas, il s’entraîne. Il faut comprendre que derrière les écrans, il y a énormément de travail, ça n’a rien de magique ou d’inné. »

Tout est possible !

Pour Joe, le coaching influence aussi globalement la personne dans sa vie personnelle. « Quand tu penses arriver dans ta zone rouge, et que tu te dis ‘ça y est c’est bon, j’ai bien travaillé’, moi c’est là que j’interviens pour te donner envie de te dépasser. Cette envie-là, tu t’en sers ensuite au quotidien, au delà du sport : ne jamais lâcher l’affaire, peu importe les difficultés. Les valeurs que j’essaie d’inculquer dans mes séances, elles se reflètent dans la vie de tous les jours : cultiver ta motivation, toujours progresser, toujours vouloir aller plus loin, se rappeler constamment que tout est possible ! »

Une détermination contagieuse qui nous a inspiré des colonies de vacances 100 % sport. Clin d’œil à Joe et à sa passion : VIVA a créé trois séjours sportifs destinés aux 6-13 ans en partenariat exclusif avec le journal . Depuis trois ans, nous organisons « Mon championnat de foot » et « Mon tournoi de tennis » pour s’entraîner et se perfectionner dans sa discipline en découvrant le métier de journaliste sportif, et « Le Village des sports » pour se dépenser sur le terrain en choisissant trois fois par jour parmi de nombreuses activités : rugby, volleyball, tennis, football, handball, ultimate frisbee et bien d’autres.  Qui sait, peut-être qu’un jour nous proposerons des séjours « coach sportif » à Los Angeles ? D’ici là, on suivra les conseils de Joe : toujours vouloir aller plus loin parce que tout est possible !

Crédits photos :

Joël Bouraima – photo à la une (Studio Lenoir)

Omar Sy et Joël Bouraima (Julian Torres)

Joël Bouraima (Adrien Daste)

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