• 20
    nov
    2019
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    La vie en colonie
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Coup de blues, vie de groupe, autonomie : ce qui vous inquiète et comment on le gère !

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Que se passe-t-il si mon enfant a un coup de blues en colo, s’il n’a pas envie de pratiquer une activité ou s’il a du mal à s’intégrer dans le groupe ? Comment les animateurs vont-ils gérer ces situations ? Est-ce que ça risque de lui gâcher ses vacances ?

Ça a beau être les vacances, la colo, ça reste la vraie vie - si, si - avec ses petits tracas, ses petites difficultés, sources d’appréhension voire d’inquiétude. L’angoisse de la séparation, la peur de ne pas se faire d’amis, la peur de l’inconnu tout simplement peuvent envahir les esprits les plus sereins ou les plus aventureux. C’est normal, et presque inévitable. Ce serait dommage en revanche que ces craintes deviennent rédhibitoires pour vous ou pour votre enfant et le dissuadent de tenter l’expérience de la colonie de vacances. Car pour chacune de ces difficultés, qu’on appellera ici plutôt « challenges » (restons positifs), nous avons une réponse, une organisation, des solutions concrètes.

Avant de vous demander si votre enfant est compatible avec la colo (est-il assez sociable ? est-il assez mûr, autonome ? saura-t-il gérer un coup de blues et la vie de groupe ?), demandez-vous plutôt si l’organisme (et le séjour) que vous choisissez aura les moyens de répondre aux besoins et aux attentes de votre enfant (les animateurs sauront-ils créer une bonne ambiance ? sauront-ils gérer les coups de blues ?). Il n’y a pas d’enfants ou de jeunes pour qui la colonie de vacances serait une évidence absolue, et d’autres pour lesquels l’expérience serait irrémédiablement hors de portée. Ce sera peut-être plus facile pour certains – question de caractère et d’habitudes -, mais pour les autres : point de fatalité, c’est notre travail, notre rôle de leur faciliter cette expérience.

La clé pour une colo réussie, ça n’est pas la capacité a priori de votre enfant à s’adapter, mais bien plutôt la capacité a priori de l’organisme à s’adapter, à articuler intelligemment l’expérience collective et l’attention individuelle. Et ceci n’est possible qu’avec un taux d’encadrement élevé : « responsable de petits groupes, on peut tenir compte de la personnalité de chaque enfant, de ses habitudes et de ses besoins. Certains sont super énergiques, d’autres plus suiveurs. On ne doit pas seulement penser « groupe » ou « chambre » mais « individualités ». Il faut continuer de faire l’effort de connaître tous les enfants, individuellement, de s’adapter à chacun, de personnaliser notre façon d’animer », rappelle Ibra, directeur de séjours chez VIVA depuis 2010.

--> Pour en savoir plus sur le recrutement et l’accompagnement de nos équipes encadrantes, vous pouvez consulter la rubrique l’équipe d’animation.

Allons voir comment ça se traduit concrètement pour tout ce qui peut soucier parents et enfants avant ou pendant la colo.

Challenge #1 : Tout est (trop) nouveau

« Il faut l’avoir en tête en tant qu’animateur », rappelle Valentine, directrice de séjours VIVA depuis 2014, « les adultes ont l’habitude de changer d’environnement et de s’adapter rapidement. Il ne faut pas oublier qu’à leur arrivée, les enfants peuvent se sentir perdus. Ça n’est pas leur lit, pas leur couette, ça n’est pas familier et c’est normal d’être déstabilisé. Il faut vite en avoir conscience pour qu’ils se sentent mieux dans la colo, pour que l’animatrice ou animateur devienne un repère pour l’enfant. » Dans cet environnement nouveau, on crée de nouveaux repères en effet. Chez VIVA, les animatrices ou animateurs en vie quotidienne sont les mêmes qu’en activité. Une continuité qui rassure les enfants et fluidifie l’attention qu’on leur porte, la connaissance qu’on a de leur vécu du séjour. « Parmi les souvenirs marquants de colo, il y a bien sûr les copains et les activités, mais il y a aussi les animateurs. C’est très important pour eux », explique Julia, animatrice chez VIVA, « quelle que soit la tranche d’âge. On doit savoir alterner présence et discrétion : parfois les enfants ont envie de partager des moments juste entre eux, il faut savoir se mettre en retrait, parfois ils ont besoin de notre aide ou d’être rassurés, il faut qu’on soit disponible. On doit sentir à quel moment on est « requis », anticiper les besoins et les attentes de l’enfant et être capable, à tout moment, d’y répondre. »

Avant le séjour : Prenez le temps de regarder avec votre enfant les photos du séjour pour l’aider à se projeter, à mettre ses vacances en images. Parlez ensemble des activités qu’il va pouvoir découvrir, de l’organisation de sa journée pendant la colo. Et n’hésitez pas à nous appeler s’il vous faut plus de précisions pour répondre aux nombreuses questions qu’il vous pose (ou que vous vous posez).

Challenge #2 : L’autonomie dans la vie quotidienne

En colonie de vacances, vie de groupe oblige, les enfants sont confrontés à la nécessité de faire des choses qu’ils n’ont pas (toujours) l’habitude de faire chez eux : se brosser les cheveux, ranger sa chambre, débarrasser la table, se servir à manger… « C’est dans ces moments-là que les enfants se disent : ‘ah bah ça normalement je le fais avec papa et maman’, que ce soit pour les 4-5 ans ou pour les préados d’ailleurs ! », raconte Anne-Charlotte, animatrice VIVA depuis 2013. « Je vais prendre l’exemple d’un petit qui me dit ‘Je ne sais pas me doucher. C’est papa ou maman qui le fait d’habitude’. Alors, je mime, je danse pour lui expliquer. Ca fait rire tout le monde, on transforme ça en jeu, ça met une bonne ambiance et à la fin de la semaine tout le monde sait se doucher correctement. Animer, ça ne veut pas seulement dire mener une activité sportive ou artistique, c’est animer tous les temps de la journée, mettre un peu de ludique, de fun et d’interactif dans les tâches quotidiennes comme le brossage de dents ou la préparation d’un repas ».

Avant le séjour : Pour le confort de votre enfant, donnez-nous un maximum de détails le concernant lors de son inscription (pour les repas : régime alimentaire, allergies ; pour la nuit : énurésie, angoisses dans l’obscurité…). Cela nous permettra de l’accompagner au mieux pendant son séjour.

Challenge #3 : Le coup de blues

Nous n’avons pas établi de statistiques mais il est très probable que tous les enfants partis en colo aient ressenti à un moment ou à un autre du séjour, et avec plus ou moins d’intensité, un coup de blues. D’être séparé de ses parents, d’être loin de ce qui lui est familier, bref le blues. Pour citer Mme R., qui inscrit ses deux fils en colo chez VIVA, « le blues, c’est pas grave, c’est l’apprentissage de la séparation et de la vie ». La vraie question, c’est la place que prendra ce blues dans son expérience du séjour, est-ce que ça peut gâcher ses vacances ? « Certains parents craignent que cela occupe 100 % des émotions de leur enfant », explique Marion, directrice VIVA depuis 2013, « mais c’est très très très rare. Le plus souvent, il y a un coup de blues le soir, après avoir eu les parents au téléphone ou au moment du coucher, et le reste du temps, ils n’y pensent plus, ils sont à fond dans leurs activités, avec leurs copains, ils s’amusent ! ». Et lorsque ces coups de blues surviennent, les enfants ne sont pas livrés à eux-mêmes, c’est aussi le rôle – et même l’un des plus importants – de l’animatrice/animateur d’écouter, rassurer, réconforter. « On est là 24h/24. Parfois le soir, il y a des petits chagrins, ils sont un peu tristes, on se pose à côté d’eux, et on discute en attendant qu’ils trouvent le sommeil », explique Ibra. « Le coucher peut être un moment particulier », rappelle Gabriel, animateur depuis 2012, « parce que c’est le moment où leur environnement habituel leur manque le plus. Parfois, je fais une petite ‘réunion’ du soir avec les enfants, à l’image de celle qu’on fait entre animateurs, ils peuvent dire ce qu’ils ont aimé dans la journée, ce qui les a contrariés, on en discute ensemble. Dans tous les cas, ils ont besoin d’une présence, d’un accompagnement, soit autour d’une discussion, soit autour d’un petit livre. »

Et dans le cas d’un très gros chagrin ? Julia nous donne l’exemple d’une petite fille qui pleurait à chaudes larmes lors du premier repas au Château de Saint-Fargeau. « J’aime pas les colos, me dit-elle. Alors j’ai discuté un peu seule avec elle, je lui ai parlé bien sûr des activités qu’elle allait découvrir, de tout ce qui allait être amusant à faire pendant les vacances, et surtout pour conclure je lui ai proposé un pacte : ‘Je te parie que demain soir, je reviens te voir à la même heure et que tu vas me dire que la colo, c’est génial’. Le lendemain, elle m’a tapé dans la main avec un grand sourire : ‘eh ouais, j’adore la colo’. Ses parents lui manquaient toujours, mais elle n’avait plus envie de pleurer. C’est important de montrer à l’enfant qu’on a vu et compris qu’il était triste, c’est primordial de dialoguer et d’écouter. Mais ça ne se joue pas que dans la parole, ça se joue aussi dans le comportement, c’est inutile d’en discuter pendant des heures et des heures. Il faut trouver le moyen de dédramatiser. Je reste présente près de l’enfant, et attentive, je m’asseois à côté pendant le repas, mais je reprends rapidement une situation de groupe dans laquelle je l’inclus, pour l’aider à penser à autre chose et à ‘entrer’ dans son séjour. »

Pendant le séjour : Privilégiez la communication écrite (courrier papier ou mail) si vous sentez que l’appel téléphonique suscite un trop-plein d’émotions.

Challenge #4 : S’amuser pendant les activités

C’est tout de même l’un des objectifs principaux de la colo : vous inscrivez votre enfant pour qu’il s’amuse pendant ses vacances. Est-ce que les activités vont lui plaire ? est-ce qu’il pourra pratiquer celles qu’il préfère ? Est-ce qu’il risque de s’ennuyer ? Que fait-on s’il ne veut rien faire de ce qui est proposé ? VIVA propose une grande diversité d’activités sur chaque séjour. Les enfants ont le choix, plusieurs fois par jour, parmi toutes les activités proposées dans le programme. Chaque créneau d’activité est précédé d’un temps de « lancement d’activité » sous une forme ludique : chaque animatrice/animateur présente l’activité qu’il supervise pour donner envie aux enfants de la pratiquer. « Compte tenu du panel de choix, c’est assez rare qu’un enfant ne soit tenté par aucune activité », explique Gabriel. « Si c’est le cas, on s’adapte, on essaie d’être créatif et d’inventer des sous-activités dans l’activité… on lui propose d’être reporter photo, d’être arbitre, etc. » Il arrive aussi que des enfants n’aient simplement pas osé exprimer leurs préférences lors du lancement d’activités. « Certains enfants sont plus à l’aise que d’autres qui n’osent pas dire ce qu’ils ont envie de faire, ou bien ne lèvent pas vraiment la main, chez les petits comme chez les plus grands », détaille Marion. « C’est le rôle de l’animateur d’être sûr que tous les enfants et tous les jeunes fassent l’activité dont ils ont envie. On doit faire attention à ceux qui ont exprimé leur souhait plus discrètement. Pour s’assurer que ça ne nous a pas échappé, c’est important d’en parler pendant les temps de vie quotidienne, d’être pro-actifs, de leur demander s’ils ont fait ce qu’ils voulaient aujourd’hui, ce qu’ils aimeraient faire le lendemain et de veiller ensuite à ce que ça se réalise. »

Mais si l’enfant n’est plus motivé pour rien, « c’est que le problème est ailleurs », explique Anne-Charlotte, « c’est qu’il n’est pas bien dans la colo. On en discute ensemble : ça peut être tout simplement de la fatigue et une sieste suffira à le rebooster. Ça peut aussi être un coup de blues, le manque des parents ou une contrariété au sein du groupe avec les copains, dans tous les cas, il faut en chercher la cause et on trouvera une solution. »

Avant le séjour : Rappelez à votre enfant que les animatrices et animateurs sont là pour lui pendant le séjour, qu’il peut exprimer ses préférences, sa fatigue et ses contrariétés.

La peur de ne pas se faire de copains, ou d’être à l’écart du groupe, peut être un motif d’appréhension de la colo. Le taux d’encadrement joue là encore un rôle décisif. L’enfant ou le jeune ne se trouve pas perdu, anonyme, au milieu de la « collectivité », les enfants se retrouvent en petits groupes, à taille humaine, dans lesquels il est plus facile de créer de la cohésion, une bonne ambiance, pour que chacun trouve sa place. Les activités, les veillées, les repas, les temps calmes, ce sont autant d’opportunités, d’espaces pour donner aux enfants les moyens de créer des liens. Si un enfant reste en retrait, s’il est mis à l’écart, si deux enfants se disputent, « on dialogue et on essaie de comprendre mais surtout on essaie des solutions concrètes, on va par exemple multiplier les jeux axés sur la solidarité et la coopération plutôt que sur la compétition », explique Anne-Charlotte. Et puis, il y a la magie d’un environnement nouveau. Votre enfant, que vous connaissez introverti ou timide, peut se surprendre lui-même pendant un séjour. « L’expérience de la colo peut changer un enfant, ou le révéler. Certains arrivent un peu transparents, très en retrait, et terminent la semaine en superstars », témoigne Mathieu, responsable gestion au siège de VIVA @Lien équipe permanente du site@ et ancien directeur de séjours.

Avant le séjour : Même conseil que pour le challenge #4. Encouragez votre enfant à communiquer avec nous et à nous faire part des éventuelles difficultés qu’il rencontre au cours de son séjour.

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